Former ses salariés aux enjeux climatiques ne se résume pas à organiser une Fresque du Climat. Découvrez comment passer de la sensibilisation à une vraie formation qui change les pratiques – et pourquoi c’est devenu un enjeu stratégique.
Introduction
La Fresque du Climat a franchi les 2 millions de participants dans le monde.
C’est une réussite indéniable pour un outil de sensibilisation. Mais une question commence à se poser sérieusement dans les entreprises qui l’ont adopté massivement : et après ?
Parce qu’organiser des ateliers de sensibilisation, c’est un début. Ce n’est pas une stratégie de formation. Et la nuance est énorme – pour les collaborateurs, pour les dirigeants, et pour les résultats concrets.
Former ses salariés aux enjeux climatiques est devenu un impératif stratégique, accéléré par la pression réglementaire (CSRD, bilan carbone, taxonomie verte) et par des attentes sociétales croissantes. Mais beaucoup d’entreprises confondent encore sensibilisation et formation. Ce guide fait la distinction – et propose une méthode pour passer à l’étape supérieure.
Sensibilisation vs. formation : une confusion aux conséquences réelles
Ce que la sensibilisation fait bien
La sensibilisation a pour objectif d’éveiller les consciences. Informer, émouvoir, déclencher une prise de conscience. La Fresque du Climat, la Fresque de la Biodiversité, les fresques numériques – ces outils réussissent bien cet objectif en quelques heures.
Résultat concret : les participants comprennent le système climatique, réalisent l’ampleur des enjeux, et souvent repartent motivés.
Ce que la sensibilisation ne fait pas
Elle ne change pas les pratiques professionnelles. Pas durablement, en tout cas.
Le cabinet Carbone 4 a mesuré l’impact de ses formations 3 à 6 mois après leur fin.
Résultat : 34 % des participants ont lancé un projet environnemental concret dans les 3 mois suivant la formation. C’est encourageant – mais ça signifie aussi que 66 % n’ont pas encore franchi le pas.
Principale raison : l’absence de soutien de la hiérarchie et du management. La sensibilisation touche l’individu. La formation doit toucher l’organisation.
La vraie distinction
| Sensibilisation | Formation | |
| Durée | 3h en moyenne | 1 jour à plusieurs semaines |
| Objectif | Comprendre, prendre conscience | Changer les pratiques professionnelles |
| Cible | Tous les collaborateurs | Publics métiers spécifiques |
| Résultat | Savoir | Savoir-faire + savoir être |
Pourquoi c’est devenu urgent
La pression réglementaire s’accélère
Avec la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), les entreprises européennes sont soumises à des obligations de reporting extra-financier de plus en plus étendues. Ce n’est plus une option pour les PME qui travaillent avec des grands groupes : elles sont déjà dans la chaîne de valeur de ceux qui doivent rendre des comptes.
Et 65 % des entreprises françaises soumises à l’obligation de réaliser un bilan carbone ne le font pas encore. La formation n’est pas déconnectée de cette réalité – elle est la condition pour y répondre sérieusement.
Les collaborateurs l’attendent
L’engagement climatique de l’entreprise est devenu un critère de choix d’employeur. 77 % des travailleurs le considèrent comme important. Mais un discours sans formation concrète se voit rapidement – et produit l’effet inverse : de la méfiance.
Former ses collaborateurs, c’est aussi une façon de montrer que l’engagement est sérieux.
Ce qui fonctionne vraiment : les principes d’une formation efficace
1. Distinguer les publics
Tout le monde n’a pas besoin du même niveau de formation. Carbone 4 distingue 6 profils clés :
- La sphère RSE (directions et middle management)
- Les métiers connexes amenés à interagir avec la RSE (achats, finance, RH, juridique)
- Les consultants indépendants
- Les personnes en reconversion
La grande révolution en cours : les métiers hors RSE représentent désormais 40 % des apprenants chez Carbone 4. Les acheteurs, les financiers, les RH – tous sont désormais concernés directement. Former uniquement le référent RSE ne suffit plus.
2. Partir des enjeux métier, pas du discours climatique
L’un des freins les plus souvent cités : l’effet repoussoir du « langage RSE » auprès de certains publics. Il s’avère souvent plus efficace d’intégrer les enjeux climatiques directement dans les parcours métiers, sans nécessairement les estampiller « transition écologique ».
Un acheteur formé à l’évaluation du scope 3 de ses fournisseurs, c’est plus utile qu’un acheteur qui a fait une Fresque du Climat et ne sait pas quoi en faire dans son quotidien.
3. Combiner hard skills et soft skills
Les formations qui marchent ne transmettent pas seulement des savoirs techniques. Elles développent aussi des compétences comportementales : communication, leadership, conduite du changement.
Car transformer les pratiques d’une organisation, c’est avant tout un enjeu humain. Les collaborateurs formés ont besoin de savoir comment convaincre en interne, pas seulement de savoir ce qu’est un scope 3.
4. Impliquer la direction — vraiment
C’est le facteur le plus déterminant.
Les études sont claires : l’appui de la direction conditionne l’impact réel des formations. Un collaborateur qui revient de formation avec de nouvelles méthodes, mais dont la hiérarchie n’est pas favorable, ne changera pas grand-chose.
À l’inverse, quand la direction s’approprie les enjeux et crée les conditions du changement, l’impact démultiplie.
Les outils à connaître
La Fresque du Climat — l’incontournable de la sensibilisation
2 millions de participants dans le monde.
3 à 4 heures. Un format collaboratif et accessible. C’est l’outil de sensibilisation de référence – à condition de ne pas s’y arrêter.
Son vrai rôle : créer un socle commun de compréhension des enjeux. Pas former à l’action.
La Fresque de la Biodiversité
Le pendant moins connu de la Fresque du Climat. Même format, même approche collaborative – mais centré sur les enjeux de biodiversité, souvent négligés au profit du seul carbone.
Les parcours de formation Carbone 4
Pour aller plus loin que la sensibilisation, les parcours de l’Académie Carbone 4 combinent expertise scientifique et ingénierie pédagogique. Résultat mesuré : 80 % des participants jugent la formation utile dans leurs pratiques quotidiennes, 69 % estiment qu’elle a eu un impact sur leur carrière.
Le lien avec la stratégie financière : ce qu’on oublie souvent
Former ses salariés aux enjeux climatiques n’est pas qu’une question de culture d’entreprise. C’est aussi une question de lisibilité financière et réglementaire.
Les entreprises qui forment sérieusement leurs équipes anticipent mieux :
- les exigences de reporting CSRD
- les questions des investisseurs sur la stratégie climatique
- les risques liés à des pratiques non conformes
Et dans un contexte où 84 % des investisseurs institutionnels envisagent d’augmenter leurs allocations ESG, une équipe formée devient un actif – pas un coût.
La formation climatique, quand elle est bien pensée, s’intègre naturellement dans une stratégie financière durable. Elle prépare l’organisation à rendre des comptes — et à le faire avec crédibilité.
Conclusion
Former ses salariés aux enjeux climatiques n’est plus un sujet périphérique. C’est un levier de transformation qui touche la culture, les pratiques métiers, la réglementation et la crédibilité financière de l’entreprise.
La Fresque du Climat a fait son travail : elle a ouvert la porte. Maintenant, il s’agit de passer dedans. Ce qui attend derrière, c’est une vraie montée en compétences — ciblée, progressive, ancrée dans les réalités de chaque métier.
La bonne question à se poser n’est plus « avons-nous sensibilisé nos équipes ? » Mais: « nos équipes savent-elles quoi faire différemment demain matin ? « Vous voulez structurer un plan de formation climatique aligné avec votre stratégie et vos obligations de reporting ? Retrouvez nos ressources sur




